Affichage des articles dont le libellé est Terminal-Croisière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Terminal-Croisière. Afficher tous les articles

19.12.22

Corruption à l'UE: système de la turpitude

 


        LA BOUSSOLE DU CONFINEMENT

         La clarté du printemps 2020, sous la chape du diktat mondial, était couleur de plomb. Ce furent deux mois de dérive immobile au fil du temps, parenthèse de l’absurde, où chaque entrevue à distance imposée dévoilait chez l’interlocuteur, un navire glissant sur des gouffres amers…  On naviguait sur l’abîme, flux et reflux de cette mort dont on nous rabâchait l’omniprésence, en nous amarrant à l’interdit qui nous bloquait dans notre écluse.

         Si, dans la ville septentrionale où j’avais trouvé refuge hors de Phrance, on circulait à peu près librement, sans ausweis auto-signé, sans masque et sans contredanse, les rues largement désertes et les commerces fermés, le silence, la méfiance des passants, évoquaient comme ailleurs le vaisseau fantôme d’une vie suspendue. Le contraste de cette lenteur spectrale sur des eaux stagnantes avec le bouillonnement de l’hystérie officielle, l’hystérie devenue seule parole permise, reprise par tout un chacun à de rares exceptions près, était d’une violence traumatisante, suscitant le déni à chaque surenchère des braillards. La mort rôdait-elle vraiment, à quelques encablures ? Plus tard, cette purée de pois de mots, de thèses et d’antithèses, d’expertise et d’ignorance, d’injonctions contradictoires, fut dissipée, un matin brutal de fin d’hiver, par les canons de l’armée russe. La mort reprenait son allure habituelle et les masques tombèrent.

          Pourquoi revenir là-dessus ? Parce qu’en ces temps déjà lointains de l’avis de tempête pandémique, réglés par les vents contraires du doute et de l’incertitude, quelques-uns avaient retrouvé, ou peut-être découvert, la boussole du désir, l’appel du grand large.

          À l’heure actuelle, où les furies soufflent à nouveau de toutes parts la folie guerrière sur des océans d’ignorance, il n’est pas inutile de s’en souvenir. Petit changement de cap vers l’œil du cyclone, où les eaux sont plus calmes et la vue plus dégagée.

         C’était une initiative du dessinateur-graphiste Philippe Gerbaud, qui eut le coup de génie de réveiller l’instinct, l’humour du naufragé qu’était chacun d’entre nous au cours de cette escale forcée, arrimé à son port d’attache. Il avait baptisé son entreprise Chronotes du confinement. Certes, nous n’avions plus que la chronologie, le mouvement était passible des fers à fond de cale, les quartiers-maîtres de tous les pouvoirs le vociféraient quotidiennement. Je n’en publierai ci-dessous que quelques-unes, que les autres contributeurs me pardonnent…




         




    Pour ma part, si je contribuais activement au rétablissement de l’immunité naturelle par la fantaisie, la rêverie des Chronotes, j’avais, gardant un brin de santé mentale, trouvé un autre stratagème, une autre Croix du Sud, pour traverser cette pause contrainte sans virer louftingue. Ce fut un roman, publié l’année suivante chez Auda Isarn, intitulé Terminal-Croisière. En partie histoire d’amour malheureuse sur un paquebot, en partie interrogatoire policier au port d’Anvers, ses personnages et notamment l’évanescente beauté qui tournait la tête du héros, traducteur comme votre serviteur, me tenaient compagnie, lors de ce confinement prolongé. J’aurais souhaité m’abstenir de claironner ma clairvoyance, confinant, dirais-je sans modestie aucune, parfois à la double-vue et de confirmer la malédiction du romancier-poète Jérôme Leroy à mon encontre — Tu écris tes bouquins trop tôt — mais il s’agissait d’un scandale de corruption à l’UE, d’une enquête menée par des flics belges, sur fond d’hostilité à la Russie…

         Je n’aurais bien sûr pas imaginé qu’on trouve des sacs de biffetons chez des parlementaires européens, des dirigeants d’ONG, des syndicalistes, et mon intrigue, l’arnaque décrite était plus sophistiquée. Si j’avais évoqué des valises de billets, on m’aurait jugé partisan et grossier. C’est le genre de choses qu’on ne pardonne pas à un romancier… Mais tous ces personnages étaient là. Je les croyais juste plus raffinés dans la combine.

         Quoi qu’il en soit, deux ans et demi plus tard, l’actualité paraît prouver que ma boussole de confinement m’avait bien indiqué le Nord.

         En ces temps difficiles, où il importe de retrouver un chemin vers la paix et l’intégrité, ces rappels à la nécessité de l’ironie et du scepticisme s’imposent.  Si on vire tous tocbombes — nucléaires — ça n’arrangera rien.

         Thierry Marignac, décembre 2022.

11.11.21

Le romancier perdu, tourments post-créatifs…

 

La poétesse et sa prof de danse orientale, une actrice de théâtre de Baoumanka, quelque part dans le Caucase, au printemps dernier… photo © Maria Tchoumakova.


(Vers traduits du russe par Thierry Marignac)


Mais qui joue les romanciers…

Le roman est écrit. Le romancier est orphelin.

Il erre chez lui, dans son jardin,

Il téléphone à qui il ne faut pas,

Il peaufine des vieilleries — à ses affaires, il n’y est pas.

 

Le roman est écrit. Le romancier — son créateur, son roi,

Comme de son trône renversé

À présent dans les mains d’une impartiale loi

Il ne lui reste plus qu’à espérer,

Que Celui qui a écrit le romancier

Lui envoie la grâce ranimée

Que tous les trésors de Montecristo, plus précieuse,

Un sujet !

Pour se libérer à nouveau de la fallacieuse

Maison, jardin

Des coups de fil qui ne servent à rien, —

Des nuits d’insomnie à la lueur des bougies

Un nouveau roman, brusquement, il établit.

2002

Но кто играет романистом

                                         ***

                    Роман дописан. Романист осиротел.

                    Скитается по дому, саду,

                    Звонит, кому не надо,

                    Чинит старьё – он не у дел.

 

                    Роман дописан. Романист –

                                                   его творец и царь, 

                    Как будто свергнут с трона,

                    Теперь в руках бесстрастного закона,

                    Лишь оставляющего уповать,

                    Что Тот, Кто написал и романиста,

                    Пошлет живительную благодать

                    Ценнее всех сокровищ Монте-Кристо –

                    Сюжет!

                              Чтоб вновь освободиться

                                                   от дома, сада,

                    Звонков, кому не надо, -  

                    Не спать при свéчах по ночам,

                    Роман слагая новый невзначай.

                                                                       2002

 



 

Les écrivains sont des cassandres

Connaissant aveuglément l’avenir ;

La prophétie est leur salamandre,

Ne se noie pas dans l’eau, dans le feu vit sans faillir.

Les écrivains voient la racine

De ce qui se trame à l’entour

Des souriants corps-à-corps et massacres en sourdine

Des vaisseaux et des désordres de velours

 

Les écrivains sont des cassandres fantomatiques

Médiums de la volonté cosmique

Mais de quoi sont-ils eux-mêmes brisés

Créés pour le bonheur, de douleur ils vont claquer ?

Margarita de Sosnizka

          Писатели – кассандры,

          слепо знающие грядущее;

          Пророчества их – саламандры,

          в воде не тонущие, в огне живущие.

 

          Писатели видят корень

          того, что творится вокруг:

          Улыбчивых рукопожатий и боен,

          судов и бархатных заварух.

 

          Писатели – призрачные кассандры,

          медиумы космической воли...

          Но что так изломаны сами,

          cозданные для счастья, гибнущие от боли?


 

            Маргарита Сосницкая


Terminal Croisière est une eau-forte littéraire très aboutie par son trait, son style, le chromatisme des gris, les sensations, avec des pages magnifiques — tout le passage à l’île de Wight, et autres nombreux effets maritimes. C’en est décadentiste à certains égards comme le seraient une gravure d’un Félicien Rops, un parfum capiteux de JK Huysmans, des feuilles de fiers poètes forcément maudits. Le récit d’un galérien dandy qui, sur un malentendu, serait monté à bord d’un bateau croisière d’affairistes. Et si on pousse l’analogie picturale : Un Odilon Redon égaré au milieu d’une installation de Jeff Koons ou de Damien Hirst. Bref, la symbolique d’une bordée en un monde auquel le narrateur n’appartient pas, restant un marginal par sa fonction de traducteur, ses maigres revenus, et aussi par son pessimisme, ses obsessions — évidemment la situation enrichit plus son imaginaire que son portefeuille. De ce point de vue, le roman est réussi. Et peut-être même, par ce double effet de continuité et de rupture avec le précédent L’icône, il y a encore de la marge pour pousser davantage la radicalité poétique.
Reste l’intrigue. À pousser le bouchon, à quoi bon une intrigue dans un roman de sensations ? Le choix est là un peu entre-deux. Le pan roman polar, ses différents ressorts dramatiques, comme les personnages autres que le narrateur peuvent paraître manquer de reliefs. Sauf que plus de psychologie, de part documentaire, analytique, aurait contrarié, sinon affadi, la dimension poétique, la nostalgie. Une question quasiment insoluble. On navigue là entre surcharge et minceur, selon qu’on y voit le verre à moitié vide ou à moitié plein. C’est de la cuisine, mais c’est la forme qui veut ça. C’est un roman de sensations. On peut dire que Terminal Croisière a les défauts de ses qualités. Les personnages de l’intrigue polar se confondent, mais cet effet renvoie à l’intrigue sentimentale tout aussi floue, au paysage marin, aux affairismes d’un monde qui échappe. J’admets que la pente critique est glissante. Que mon point de vue est réversible. L’harmonie est forcément tributaire de la dissonance. Je dirais que l’impression reste plutôt confuse pour tout ce qui est autre que la confusion. On peut aussi la lire comme la ligne de force du roman. Comme c’est écrit : « cédant la place à une confusion et un bonheur indescriptibles, aveuglants, je ne voyais plus rien… »

Pierre-François Moreau, novembre 2021.

 

 



11.9.21

Terminal-croisière: critiques et recensions du dernier roman de TM.



            Embarquement et commandes au lien suivant (ou en librairie,) Auda Isarn, 12 €, 167 pages et des broquilles:

                https://amzn.to/3DKuqyf



Chers lecteurs d’Antifixion,

Ces pages étant destinées, au moins en théorie — outre l'organisation clandestine d’une secte conspirative d’amateurs de poésie russe — à faire la promotion des œuvres de leurs auteurs (en l’occurrence surtout de l’un d’eux : Thierry Marignac. Vincent Deyveaux est toujours vivant, je vous rassure, mais il ne fout rien !… Un recueil de poésie toutes les années bissextiles, et à quoi notre poète maison est-il occupé le reste du temps ?… La Direction des Ressources Humaines compte le convoquer prochainement à ce sujet…), nous aurons l’outrecuidance de vous faire un recueil des plus évocatrices citations des critiques qui ont bien voulu lire mon dernier roman : Terminal-Croisière, chez Auda Isarn. Elles sont illustrées par Placid (https://toutplacid.tumblr.com/), un ami depuis la Révocation de l’Édit de Nantes !…



 

Depuis quelques années déjà, je l’exhortais à utiliser sa connaissance de la capitale de l’Union européenne dans un roman. C’est chose faite, et de façon plus qu’originale, puisque l’intrigue ne se passe ni aux alentours du Parlement ou de la Commission, ni dans ces pubs irlandais ou ces trattorias de luxe où surnagent chargés de communication et trafiquants d’influence, attachés parlementaires et barbouzes – « cette ambiance de sac et de corde ».

    Non, Thierry Marignac nous décrit ce petit monde aussi corrompu que condescendant de façon indirecte, sur un paquebot de luxe et dans des containers de la police des douanes.

Christopher Gérard


Tout tient la route dans la vitesse haletante et la suspension du temps à laquelle se confronte le narrateur, l’auteur et le lecteur découvrant ce livre à couverture de carte postale (au prix d’un livre de poche) en plein milieu de l’été 2021, une « fixion » dont l’action se déroule avant la grande peste comme si le temps avait fait un saut vertigineux, irrémédiable, en nous retranchant de notre propre passé  - autre troublant paradoxe de TC.

Daniel Mallerin




 

            Un roman gris, comme les yeux de Svetlana, comme son pull en cachemire, comme le ciel de pluie, comme le costume des eurocrates... Tant de gris. Le gris serait-il une couleur ? Oui, une couleur multiple, changeante, aux nuances et aux reflets infinis, à l'éclat tour à tour tranchant et sensuel. Si le gris est tout cela, alors Terminal Croisière est à son image.

Velda, le blogdupolar

 

 

     Le jeune policier belge chargé de l’enquête se montre très pugnace, mais saura-t-il dénouer l'affaire à tiroirs qui se présente devant lui ? Thomas Dessaignes restera-t-il amoureusement transi devant le charme slave ? Pour le savoir, il vous faudra lire le dernier roman de Thierry Marignac qui ajoute ici une nouvelle pépite à son œuvre.

Johan Hardoy



 

Roman d’atmosphère maritime (on pense, justement, à À quai), narration subtile qui se joue des temporalités – temps du récit et temps de l’intrigue –, style précis aux métaphores raffinées, on retrouve là toute l’élégante manière de Thierry Marignac.

Arnaud Bordes

 

 

Le traducteur-narrateur est un nouveau personnage dans l’univers du roman policier. Je ne lui connais pas de précédent. Mais dans un monde où la criminalité s’internationalise… Ce type de héros est promis à un grand avenir !

Francis Bergeron

 

Suite logique de L'Icône - narration alternée, histoire d'amour tragique, poésie sensible et visuelle -, Terminal-Croisière mêle tous les thèmes et les obsessions chers à l’auteur avec une habileté et un charme fou.

Benjamin de Surmont




    Une exégèse venue de Russie
Le Rosaire de la fortune 

Notes sur Marignac

 

         J’aurais dû les écrire il y a longtemps, quand j’ai lu le roman. Quand je suis tombée sous son charme, sans comprendre encore les lois présidant à sa création.

 

         Terminal-Croisière peut se traduire en russe de diverses manières. Le terme Terminal des vaisseaux de lignes de croisière est entré dans la nouvelle langue russe post-soviétique.

         Mais il y a encore un élément de férocité, venu de Terminator.

 

         Ainsi, le nouveau roman de Thierry Marignac — auteur aux multiples incarnations — serait classé aujourd’hui comme un journal de voyage, une histoire d’amour avec des éléments de romans policier et comme un roman d’aventures. Et aussi comme intellectuel philologique : parmi les héros apparaît l’ombre non du père d'Hamlet, mais l’ombre du parrain de Pouchkine, le poète Gavril Derjavine bénissant son talent juvénile. TC n’est pas un roman en 3D (très populaire de nos jours). Mais en 4D. Tous ces aspects créent un certain équilibre, des facettes subtiles qui retiennent l’attention du lecteur. D’autre part ces aspects sont les facettes du cristal magique à travers lequel Pouchkine, apercevait l’horizon du roman libre.



 

A.  C. Pouchkine

Evguéni Onéguine

 

Chapitre VIII

 

                  Strophe L

Excuse-moi, mon compagnon inhabituel

Et toi, mon idéal fidèle,

Et toi, mon vivant et permanent

Quoique petit labeur. J’ai su avec vous

Tout ce qui est enviable pour le poète :

L’oubli de la vie et du monde les tempêtes,

La conversation avec des amis doux.

Tant et tant de jours j’ai traversé

Depuis, que Tatiana juvénile

Et avec elle Onéguine dans un rêve indéfini

Me sont apparus en premier —

Et l’horizon d’une romance en liberté

Je n’ai pas à travers un cristal enchanté,

Encore clairement distingué.

(Traduction © TM)

 

Mais Pouchkine et Marignac n’ont pas les mêmes cristaux de clairvoyance : chez le premier il s’agit d’un attribut magique, chez le second une production créative.



 

Le style de Thierry est celui d’une écriture sonore, elle est construite sur une harmonie intérieure, invisible, mais qu’on capte à l’oreille ; ainsi une symphonie ou un morceau d’orgue appelle des images en masse, des instantanés de visions sur l’écran azuré de l’atmosphère ; elle lui donne un volume holographique et lui fournit un espace pour différents effets sonores : les échos pour celui qui survole les labyrinthes, le clapotis des vagues à bord du vaisseau, les voix, les murmures, les cris.

 

Marignac est un compositeur de prose, il s’agit d’une partition littéraire, il faut la traduire comme un livret d’opéra : " à rythme égal" ou, pour parler plus justement, en mesure ou en assonance avec l’original. Sinon l’œuvre ne résonnera pas correctement dans la langue de la traduction. Et tant qu’une telle parenté n’apparaîtra pas chez un traducteur ou une traductrice, on pourra dire que sa prose est intraduisible. C’est-à-dire qu’il ne s’agirait dans ce cas-là  que d’un brouillon, et non d’une œuvre d’art, comme il conviendrait. J’ai découvert le romancier Marignac, en lisant ses œuvres en français.

Margarita Sosnitskaïa, Belle de lettres.

(Traduit par TM)



 

Заметки о Мариньяке

 

Давно надо было их начать записывать, еще когда читала роман. Когда попала под его гипноз, но еще не поняла, по каким законам он создается.

 

«Терминал Круазье» - можно перевести по-разному, там, если опираться на морфологию, несколько смыслов: это и Конечный круиз, и Порт круизов, и Гавань круизов, и еще Терминал круизных лайнеров, т.к. это слово вошло в постсоветский российский новояз. Но есть еще и что-то зловещее от Терминатора.

Итак, данный роман многоликого Тьерри Мариньяка -  сегодня классифицируется как травелог, любовная история с элементами детектива и как приключенческий роман. А еще интеллектуально-филологический: среди героев появляется не тень отца Гамлета, а тень крестного отца Пушкина, благословившего его молодое дарование, - поэта Гавриила Державина. «Терминал круизных лайнеров» - это роман даже не в формате 3D (очень  популярном сегодня), a 4 D. Все эти аспекты создают некое равновесие, тонкую грань, на которой держится внимание читателя. С другой стороны эти аспекты -являются гранями того магического кристалла, сквозь который Пушкин прозревал даль свободного романа.

 



А. С. Пушкин
Роман в стихах
Евгений Онегин

Глава VIII

Строфа L

Прости ж и ты, мой спутник странный,1
И ты, мой верный идеал,2
И ты, живой и постоянный,
Хоть малый труд. Я с вами знал
Все, что завидно для поэта:
Забвенье жизни в бурях света,
Беседу сладкую друзей.
Промчалось много, много дней
С тех пор, как юная Татьяна
И с ней Онегин в смутном сне
Явилися впервые мне —
И даль свободного романа
Я сквозь магический кристалл3
Еще не ясно различал.)

 

 

Но у Пушкина и Мариньяка это разные кристаллы: у первого это атрибут магии, у второго –  произведение его творчества.

 

Стиль Тьерри – это зукопись, она построена на внутренней гармонии, которая невидима, но улавливаема слухом; так симфония или игра на органе вызывает массу образов, картин видений на эфирном экране воздуха; она делает текст объемным, как голограмма и предоставляет ему пространство для разных звуковых эффектов: эха, летящему по лабиринтам, плеска волны о борт судна, голосов, шепотов, крика.

Мариньяк – он композитор прозы, это литературная партитура, переводить ее надо, как оперное либретто: экворитмично или, говоря по-русски, соразмерно и созвучно оригиналу. Иначе произведение не зазвучит на языке перевода. И пока не появится такой конгениальный переводчик/переводчица, его прозу можно назвать непереводимой. Т.е. это будет уровень подстрочника, а не произведения искусства. Я открыла писателя Мариньяка, прочитав его вещь по-французски.

                                                                      Маргарита Сосницкая, Belle de lettres