2.9.19
L'icône de Thierry Marignac à paraître le 4.09.2019
la bannière d’un irréductible
Les visiteurs du blog, même irréguliers, connaissent
diverses passions de Thierry Marignac : les langues d’abord (français,
anglais, russe) ; la boisson ; les bars mal famés, entrées
étroites et ampoules malingres, de préférence le long de voies en pente, ou
au-delà de la 145e rue ; la pègre, cupide, veule, violente,
bornée, en général incarnée par des gueules cassées en cravate et costumes à
fines rayures ; la conspiration – de quartier ou internationale –,
nécessitant un pacificateur véreux, ou un traducteur intègre ;
l’Atlantique aux teintes changeantes, tantôt cuivrés, tantôt d’étain ; la chute
des Empires, prévisible, irréversible, sauvage, sur le cadavre desquels se
ruent des dépeceurs au téléphone dernier cri ; le quart-monde, chaleureux
et méchant, vivant sur les limites, qu’elles soient celles du cadastre, ou des
drogues dures, mais qui sait se réconcilier autour d’un match de boxe, un
tonneau de Budweiser, du poulet grillé peu ragoûtant ; les amitiés
inattendues avec un tortionnaire repenti, sinon une mama bousculée de Harlem,
une babouchka estonienne, un libraire de sous-sol rescapé de la Révolution
culturelle chinoise, ou un leader, fiévreux, pugnace, montagne impressionnante
antitotalitaire, mais souffrant de l’estomac ; les soirées ploucs où on se
rend par obligation, rarement par intérêt, forcément interminables, dansantes,
chaotiques, mais d’où peut jaillir une beauté imprévisible, avant de s’achever
en eau de boudin ; les membres des services secrets, en appâteurs retors,
ou en soldats perdus ; la poésie d’Essenine, de Tchoubakov, et des muses à
la vie scandaleuse, dont on ne se remet jamais…
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