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3.1.15

Aimer comme un incendie de forêt

Tatares devant Moscou

Le poids mort de l’énergie consumée ralentissait certes  un corps affaibli, quoique encore vigoureux — avoir aimé comme un incendie de forêt, haï comme une invasion de Tatares, méprisé à perdre haleine, tapé comme un sourd, encaissé comme un abruti, bu comme un trou, et fumé comme un sapeur. Pour en arriver là : ni fait, ni à faire, il était trop tard. Cependant, il avait eu si longtemps l’impression qu’il était trop tôt, dans tant d’entreprises et d’amours inabouties, qu’il ne parvenait pas à discerner l’instant où il avait franchi le cap du prématuré au périmé. Il sourit dans les embruns : le mystère-crève-les-yeux de toute existence s’effilochait au rythme de son pas, assez lent, comme toujours. 
TM, 2014, extrait, inédit.