27.8.15

Énigmatique Maldoror soviet

Nos lubies nous détournant de nos marottes et inversement, nous avons publié beaucoup de Boris Ryjii, négligeant notre idole, Sergueï Tchoudakov. Oubli réparé ci-dessous. Superbe économie, sécheresse mallarméenne, humour lautréamontesque, le maître est de retour:
(Vers traduits par TM)
C’est déjà prouvé, le doute n’est plus permis
Les armoiries, la patrie gisant dans les tombes et les fratries
Dans son domaine, le marquis chasse le cerf à son aise
Dans sa piaule, le miséreux chasse les punaises
Sergueï Tchoudakov

Уже доказано и больше нет сомнений
Гербы и родина средь родов и гробов
Маркиз в своём поместье охотясь на оленей
Бедняк в своей каморке охотясь на клопов

Сергей Чудаков

15.8.15

Philippe Turc, les Trompe-la-mort, la série




"Dillinger"

Qu'est-ce-qu'on s'emmerde...  J'ai huilé la chaîne du vélo et suis parti pour Auchan. Il faut en profiter avant que Vladimir ne les ferme tous. Maintenant qu'il a touché les sous du Mistral, il va pas se gêner.     Et Marignac qui a disparu.. Plus de nouvelles depuis son passage à  Europe 1. Le type de “Ce soir ou jamais” doit en avoir de la bonne...Il fera signe, aprés. Quand il s'emmerdera, lui aussi.


                  
   

"Fôlamour"
Comme on n'a pas d'excuses, on poursuit avec la série des Trompe-la-mort, auteur-compositeur Philippe Turc, déjà un pilier d'Antifixion, à découvrir dans l'insubmersible galerie Jean-François Meyer à Marseille, capitale de la culture et du bon mot au bon moment...

     Quand on regarde ces photos, le mot qui vient est : Excentrique.  Dans le texte : trés loin du centre,  là où les forces s'exercent peu ou
prou. Il faut cette distance pour se sentir soi-même. Comme Pluton, la petite neptunienne tout au bout du  système, juste avant le grand saut 
vers le nuage 
 de Oort...
   Dans ces parages, on ne peut pas compter sur grand-chose ni sur grand-monde, ou juste sur un Spoutnik (compagnon en russe) qui viendrait de temps en temps aux nouvelles, ferait une photo avant de repartir, de rentrer à la ville.
"le Bolshoï"

Il y a un côté anglais dans tout cela, country et tricot rouge; comme si l'artiste, c'en est un, n'avait pas d'autres soucis que son jardin et ce qu'il pourrait y trouver, en déterrer ou y faire germer. C'est qu'en fait, il doit avoir d'autres soucis...Du fonds de son puits étoilé, il regarde le Soleil, et, juste avant, Vénus.

"sans titre"



Vincent Deyveaux, 2015
 dossier de l'artiste

5.8.15

Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs !

Photo © S. Loquet


























(Traduit par TM)
Soirée de juin. Sur le balcon
S’assoupir, l’œil perdu dans les cieux
Infini bleu en toile de fond
Trainées du crépuscule brûlant de tous ses feux.

Et là-haut –au-delà des trainées
Jusqu’à minuit, elles se consument —
Par mon oreille devinée
S’élève une musique posthume.

Coup d’œil par là et je comprends
Dans quel vide certifié
Je serai un jour, et j’apprends
Où j’ai perdu, où j’ai triché.
Boris Ryjy, 1998.



Июньский вечерь. На балконе
Уснуть, взглянув на небеса.
На бесконечно синем фоне
Горит заката полоса

А там– за этой полосою
Что к полуночи догорит –
Угадываемая мною
Музыка некая звучит.

Гляжу туда и понимаю
В надежной пустоте
 Однажды буду и узнаю
Где проиграл, сфальшивил где.

Борис Рыжий, 1998.